Ils se rencontrent, provoquant un carambolage de cadres et de textes, de lignes et de mots. De ce merveilleux accident, ils cultivent une passion commune pour le cinéma alimentée par le spectacle vivant, la peinture ou la photographie.

A deux hypophyses et quatre mains, ils écrivent des scénarios de long-métrages absolument dispendieux. Percutés par un trente-trois tonnes de rationalité ils écrivent un scénario de court-métrage : un huis-clos au sujet sombre qui leur tient à cœur : l'utilisation de la torture par des nations démocratiques dans la lutte contre le terrorisme. Ce sera le « Chat dans la boîte ».

Une aventure de longue haleine autoproduite sur deux années qui a été leur « école de cinéma ».


Pour expliquer ce qui les a poussé à monter Le chat dans la boîte, Mathilde et Jean-Yves évoquent leur expérience personnelle : "Nous avons vécu à Londres en 2005 et nous avons été particulièrement marqués par les attentats du mois de juillet. Tout d'abord, parce qu'étant au contact de la population, nous avons ressenti vivement la tension qui peut régner dans une ville attaquée. Mais aussi parce que nous avons été touchés par l'histoire de Jean Charles de Menezes, ce jeune brésilien tué par la police qui pensait qu'il appartenait à une cellule terroriste, alors qu'il était innocent. Ayant vécu cette tension particulière, nous avons voulu la recréer dans notre film et montrer comment la violence entraîne la violence, même dans un état parfaitement démocratique."

"Parallèlement, nous nous sommes intéressés à la guerre contre le terrorisme menée par les Etats-Unis. Les différents scandales relatifs aux mauvais traitements infligés à des prisonniers suspectés de terrorisme nous ont poussé à nous interroger : Comment un homme peut-il en torturer un autre au nom de la défense de la démocratie et de ses valeurs ? En 1984, de nombreuses Nations ont signé la convention de l'ONU contre la torture. Pourtant, aujourd'hui, sur 150 nations, 104 y ont recours, dont un tiers de façon systématique. En matière économique, on externalise les fonctions, on délocalise certaines activités. Il en est de même avec la torture : des vols (plus de 1 000 pour les USA avec l'accord de 6 pays européens), dits de « restitution », emmènent les prisonniers dans des pays où la torture n'est pas interdite, ou au moins tolérée ..."